Demander une augmentation est stressant pour 44% des Français selon une étude Robert Half. Pourtant, avec une bonne préparation et les bons arguments, vous pouvez significativement augmenter vos chances de succès. Voici le guide complet pour négocier votre salaire efficacement en 2026.
Quand demander une augmentation de salaire ?
Les 5 meilleurs moments
1. L'entretien annuel d'évaluation
C'est le moment formel dédié à votre évolution. Votre manager s'attend à aborder le sujet de la rémunération. Profitez-en pour présenter vos réalisations et formuler votre demande.
2. Après un succès important
Vous venez de signer un gros contrat, réussir un projet complexe ou dépasser vos objectifs ? Vos résultats parlent d'eux-mêmes. C'est le moment idéal pour capitaliser sur votre valeur démontrée.
3. Lors d'une promotion ou changement de poste
Nouvelles responsabilités = nouvelle rémunération. C'est le meilleur levier de négociation car l'entreprise reconnaît déjà votre évolution.
4. En période calme de l'entreprise
Évitez les périodes de rush ou de stress. Votre manager sera plus disponible et réceptif à une discussion sereine.
5. Quand l'entreprise va bien
Bons résultats financiers, croissance, recrutements en cours... Le contexte favorable facilite l'obtention d'une augmentation.
Les périodes de licenciements, les difficultés financières de l'entreprise, ou juste après une erreur professionnelle de votre part.
Combien demander ? Les chiffres 2026
Selon les études Deloitte et Mercer, l'augmentation médiane en France est de 2,5% à 3,5%. La Banque de France prévoit des hausses autour de 2% pour 2026.
Les fourchettes réalistes
| Situation | Fourchette recommandée |
|---|---|
| Augmentation annuelle classique | 2% à 5% |
| Nouvelles responsabilités | 5% à 10% |
| Promotion interne | 10% à 15% |
| Compétences rares / poste pénurique | 10% à 20% |
Pour un salaire de 2 500 € brut, une augmentation de 5% représente 125 € brut/mois, soit environ 97 € net de plus sur votre compte.
Conseil : Proposez une fourchette plutôt qu'un montant fixe. Exemple : "Je souhaiterais une revalorisation entre 5% et 8%".
Important : Parlez toujours en salaire brut annuel, pas en net mensuel. C'est le langage des employeurs et des RH.
Utilisez notre simulateur brut/net pour calculer précisément l'impact d'une augmentation sur votre salaire net.
Les 7 meilleurs arguments pour convaincre
1. Vos résultats chiffrés
C'est l'argument le plus puissant. Selon PayScale, 49% des négociations réussies s'appuient sur des données chiffrées.
- Chiffre d'affaires généré
- Clients fidélisés ou nouveaux
- Projets livrés dans les temps
- Économies réalisées pour l'entreprise
"Cette année, j'ai signé 12 nouveaux contrats représentant 150 000 € de CA, soit 20% de plus que mon objectif."
2. Vos nouvelles responsabilités
Missions supplémentaires, management d'équipe, périmètre élargi... Toute évolution de poste justifie une revalorisation.
3. Votre valeur sur le marché
Comparez avec les offres d'emploi similaires sur Indeed, Apec ou LinkedIn. Mentionnez subtilement les sollicitations de recruteurs.
4. Vos formations et certifications
Diplômes obtenus, certifications professionnelles, nouvelles compétences acquises : tout ce qui augmente votre valeur.
5. Votre ancienneté
Connaissance de l'entreprise, relation client établie, coût d'un remplacement (recrutement + formation = 6 à 9 mois de salaire).
6. L'inflation et le pouvoir d'achat
Argument factuel et incontestable. L'inflation cumulée 2023-2024 dépasse 7%. "Mon salaire n'a pas suivi l'évolution du coût de la vie."
7. Votre engagement et attitude
Disponibilité, flexibilité, esprit d'équipe, contributions positives à l'ambiance de travail.
Les 10 erreurs qui font échouer votre demande
Ces erreurs peuvent non seulement faire échouer votre demande, mais aussi nuire à votre image professionnelle.
1. Ne pas se préparer
Sans préparation, vous n'avez aucune crédibilité. Arrivez avec des chiffres, des exemples, des arguments structurés.
2. Faire du chantage au départ
"Si je n'ai pas mon augmentation, je démissionne" - Votre manager pourrait accepter votre départ.
3. Utiliser des arguments personnels
"J'ai un crédit à rembourser", "Je n'arrive pas à joindre les deux bouts" - Votre entreprise n'est pas une banque.
4. Se comparer aux collègues
"Untel gagne plus que moi" - Vous ne connaissez pas tous les paramètres de sa situation.
5. Mal choisir le timing
Évitez les périodes de rush, les difficultés financières, ou juste après avoir fait une erreur.
6. Demander un montant irréaliste
Plus de 10% sans changement de poste = peu crédible. Faites vos recherches sur le marché.
7. Parler en net au lieu du brut
Les employeurs raisonnent en coût global. Convertissez toujours en brut annuel.
8. Avoir une attitude fermée
Bras croisés, regard fuyant, ton agressif - Montrez-vous confiant mais ouvert à la discussion.
9. Exiger une réponse immédiate
Laissez le temps à votre manager de consulter sa hiérarchie ou les RH.
10. Abandonner au premier refus
Un "non" aujourd'hui peut devenir un "oui" dans 6 mois. Demandez ce qu'il faudrait pour que ça change.
Comment préparer votre entretien
Avant l'entretien
- Liste de vos réalisations de l'année
- Chiffres, résultats, feedback clients
- Mails de félicitations, évaluations positives
- Salaires du marché (Indeed, Glassdoor, Apec)
- Politique salariale de votre entreprise
- Santé financière de l'entreprise
- Montant idéal (plafond)
- Montant acceptable (plancher)
- Alternatives acceptables (primes, avantages)
- 3 à 5 arguments clés
- Des exemples concrets pour chacun
- Répétez à voix haute devant un miroir
Pendant l'entretien
- Annoncez l'objet : "Je souhaite que nous parlions de ma rémunération"
- Présentez vos réalisations : Commencez par le positif
- Formulez votre demande : Claire, précise, en brut annuel
- Écoutez la réponse : Ne coupez pas la parole
- Négociez : Soyez flexible mais ferme sur vos minimums
Posez des questions qui impliquent une réponse positive : "Êtes-vous d'accord que mes résultats ont contribué au succès de l'équipe ?"
Que faire en cas de refus ?
Ne baissez pas les bras
Étape 1 : Comprenez le refus
- Est-ce budgétaire ?
- Est-ce lié à vos performances ?
- Est-ce temporaire ?
Étape 2 : Demandez ce qu'il faudrait
"Que devrais-je accomplir pour obtenir cette augmentation ?" Obtenez des objectifs clairs et mesurables.
Étape 3 : Négociez des alternatives
- Prime exceptionnelle
- Jours de congés supplémentaires
- Télétravail
- Formation financée
- Meilleure mutuelle
- Tickets restaurant
Étape 4 : Fixez un nouveau rendez-vous
"Je comprends. Peut-on refixer un point dans 6 mois pour réévaluer ma situation ?"
Si le refus est définitif et injustifié, c'est peut-être le moment d'explorer d'autres opportunités. Une offre externe est parfois le meilleur levier de négociation.
Questions fréquentes
Puis-je demander une augmentation si je viens d'arriver ?
Généralement, attendez au moins 1 an. Exception : si vos missions ont changé significativement par rapport au poste initial ou si vous avez été sous-évalué à l'embauche.
Faut-il demander par écrit ou à l'oral ?
L'oral est préférable pour négocier. Mais vous pouvez envoyer un mail pour formaliser la demande de rendez-vous et préparer le terrain.
Quelle augmentation demander après 5 ans sans évolution ?
Si votre salaire n'a pas bougé depuis 5 ans, vous avez perdu du pouvoir d'achat. Demandez au minimum le rattrapage de l'inflation cumulée (environ 10-15%) plus une revalorisation de vos compétences.
Mon manager dit qu'il n'a pas le budget. Que faire ?
Demandez quand le budget sera réévalué et fixez un nouveau rendez-vous. En attendant, négociez des avantages non salariaux.
Dois-je mentionner une offre concurrente ?
Seulement si elle est réelle et que vous êtes prêt à partir. Ne bluffez jamais, cela peut se retourner contre vous.
Utilisez notre simulateur de salaire brut en net pour calculer précisément votre salaire actuel et l'impact d'une augmentation sur votre net.
Conclusion
Demander une augmentation n'est pas un aveu de faiblesse, c'est une démarche professionnelle normale. Avec une bonne préparation, des arguments solides et le bon timing, vous maximisez vos chances de succès.
Et même en cas de refus, vous aurez posé les bases pour une future discussion et montré votre ambition à votre employeur.
44% des Français n'osent pas demander. En osant, vous avez déjà une longueur d'avance sur presque la moitié des salariés.
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